Pascal Neveu — Pianiste & Compositeur de jazz

Pascal Neveu de profil, penché sur son piano à queue

Biographie

Pascal Neveu est né près de Paris, le 22 juillet 1966, dans une famille de musiciens classiques (1). Il commence le piano à l'âge de quatre ans et compose très tôt ses premières pièces d'inspiration classique. Entré au conservatoire à sept ans, il le quitte à quatorze ans, ses compositions trouvant difficilement leur place dans le cadre académique.

À l'étroit dans l'univers classique, il explore en autodidacte de nouvelles formes d'improvisation et se rapproche progressivement du jazz. À vingt ans, il devient l'élève de la compositrice de musique contemporaine Jeanine Richer. La découverte de Keith Jarrett, Thelonious Monk et Cecil Taylor vient ensuite soutenir ses directions musicales, tandis qu'il conserve un intérêt profond pour la musique de Sergueï Rachmaninov.

Passionné par l'improvisation en piano solo et convaincu de sa portée auprès d'un large public, il choisit, face aux difficultés que rencontre cette forme d'expression en France, de créer les conditions de sa diffusion et transporte lui-même son instrument (2).

Il se produit avec son piano dans plusieurs festivals de jazz — Jazz in Marciac, Paris Jazz Festival, Jazz sous les Pommiers… — principalement en plein air.

En 2007 et 2008, il donne une série de quarante concerts au Parc Floral de Vincennes, dans le cadre du Paris Jazz Festival, et capte l'un d'eux, dont il tire son premier album live, intitulé Paris Jazz Festival.

De 2005 à 2025, il donne près d'un millier de concerts solo, dont 750 au parc de l'église lors des éditions de Jazz in Marciac (3), en marge de la programmation officielle. Reconnu pour son talent d'improvisateur, il est invité sur les scènes officielles du festival : la scène Bis en piano solo, puis L'Astrada en deux pianos avec Giovanni Mirabassi.

Sa musique, souvent créée sur l'instant, est une intrication entre le jazz, l'héritage classique et les influences orientales.

  1. (1)Fils de parents pianistes, il est également le petit-neveu de la violoniste Ginette Neveu et de son frère, le pianiste Jean Neveu, figures emblématiques de la musique classique du XXᵉ siècle.
  2. (2)D'abord le piano droit acheté par sa mère lorsqu'il avait sept ans, puis ses pianos à queue Yamaha — C3, C6, C7, aujourd'hui CFIIIS. Il sonorise ses concerts et produit ses albums. Il rachète ensuite une scène professionnelle mobile, à la fois scène couverte et salle de concert, qu'il met également à la disposition d'autres artistes et de festivals. Scène mobile 2 en 1
  3. (3)Albums live : MARCIAC I (2010) coffret 3CD — MARCIAC II (2024).
Pascal Neveu en concert au piano

« Le public sent que cette musique est créée sur l'instant et que, dans une certaine mesure, par la qualité de son écoute, il participe à sa création. »

Pascal Neveu

Discographie

All compositions by Pascal Neveu (except « ’Round Midnight » and « The Wind »)

PART = Improvisation

SpotifyDeezerApple MusicYouTube

Piano solo

MARCIAC IIlive

2024

MARCIAC II
5 titres72 min

MARCIAC Ilive

2010

MARCIAC I
25 titres219 min

PARIS JAZZ FESTIVALlive

2008

PARIS JAZZ FESTIVAL
10 titres67 min

PASSAGE

2006

PASSAGE
20 titres69 min

OUVERTURE

1998

OUVERTURE
12 titres70 min

Duo

Avec Giovanni Mirabassi

JAZZ'TITUDESlive

2010

JAZZ'TITUDES
8 titres26 min

Trio

 

SIMPLE

2004

SIMPLE
11 titres59 min

Quartet

JazzOrient

JAZZORIENT

2023

JAZZORIENT
4 titres58 min

Vidéo

En concert

Interview

Concert sur la scène La Dépêche au festival JAZZ IN MARCIAC, 2007

Questions - Réponses

Qu'est-ce que l'improvisation piano solo pour vous ?

L'improvisation totale exprime ce que je suis, dans l'instant. C'est une forme exigeante : créer une musique vivante et construite. Le public, par sa qualité d'écoute, participe à cette création spontanée.

Pourquoi jouez-vous souvent en plein air ?

J'ai toujours aimé la nature. Dès l'âge de sept ou huit ans, je regardais certains paysages en me disant : « Comme ce serait beau de jouer ici ! » En produisant mes concerts en plein air, j'ai réalisé ce rêve d'enfant.

Je voulais aussi faire entendre l'improvisation jazz en piano solo au-delà du seul cadre des salles spécialisées.

Il ne s'agit pas de simplifier cette musique, mais de déplacer ses conditions d'écoute. Le plein air permet une rencontre directe avec un public parfois éloigné du jazz ou de la musique improvisée.

Pourquoi transportez-vous vous-même votre piano ?

Convaincu de la portée du piano solo improvisé auprès d'un large public, et confronté au peu de soutien accordé en France à cette forme d'expression, j'ai décidé de transporter mon propre instrument : d'abord un piano droit, puis mes pianos à queue Yamaha adaptés aux concerts en plein air — C3, C6, C7 et aujourd'hui CFIIIS.

Quelle place occupe Jazz in Marciac dans votre parcours ?

Jazz in Marciac occupe une place essentielle dans mon parcours. Tout a vraiment commencé là, en 2005, avec mon piano droit. Je jouais dix heures par jour, tous les jours, comme un enfant qui découvre un terrain de jeu pour la première fois.

L'accueil chaleureux du public a été immédiat. De 2005 à 2025, j'ai donné près de 750 concerts au parc de l'église, en marge de la programmation officielle tout en étant invité sur les scènes officielles du festival : la scène Bis en piano solo, L'Astrada en deux pianos avec Giovanni Mirabassi.

Grâce à la qualité d'écoute exceptionnelle du public et à mon piano, nous avons, je crois, créé l'équivalent d'une salle de concert à ciel ouvert.

Jazz in Marciac est le seul festival à avoir vu passer tous mes pianos : le piano droit de mon enfance, puis mes Yamaha C3, C6, C7 et aujourd'hui CFIIIS.

Quelles rencontres musicales vous ont marqué ?

Keith Jarrett · Bruxelles, 2009

En octobre 2009, je me rends au Bozar de Bruxelles pour assister au concert en piano solo de Keith Jarrett, pour lequel j'ai une immense admiration.

Je profite de l'entracte pour parler brièvement avec Steve Cloud, son manager de longue date. À la fin du concert, il me fait l'honneur de rendre possible ma rencontre avec Keith Jarrett.

Je garde de ce moment privilégié l'image d'un homme sensible, simple et d'une belle écoute. Nous échangeons sur l'improvisation et le chemin singulier que chaque musicien doit trouver. Je conserve ses mots, qui confirment l'importance de rester fidèle à sa musique :

« N'attendez pas que quelqu'un juge votre musique. Il n'y a que vous qui pouvez trouver le vrai chemin. Restez ce que vous êtes ! »

Keith Jarrett

René Urtreger · Paris, 1995

En 1995, sur les conseils d'une amie violoniste, je me rends à Paris pour rencontrer René Urtreger au Montana, club de jazz de Saint-Germain-des-Prés. Elle me l'a présenté comme un musicien accessible, qui saurait être touché par ma musique.

À la fin d'un de ses sets, je lui demande s'il accepterait que je joue pour lui à l'issue de son concert. Bien qu'il soit attendu pour dîner, il accepte.

Une fois au piano, je sens que je vais perdre mes moyens si je joue pour lui. Je choisis alors d'improviser comme si j'étais seul chez moi. Après m'avoir écouté, il me demande ce que je viens de jouer, puis me dit :

« Si ce que vous venez de jouer est vraiment de l'improvisation, vous êtes bourré de talent ! »

René Urtreger

Jan Garbarek · Sofia, 2008

En 2008, je suis programmé au festival Jazz+ devant le Palais de la culture, avant le concert de Jan Garbarek et Manu Katché.

Le piano à queue prévu n'arrivant pas, je demande un piano droit afin d'assurer le concert d'ouverture. Au bout de deux heures d'improvisation, le directeur du festival s'approche discrètement et me glisse à l'oreille :

« Pascal, le public doit rentrer dans la salle pour que le concert de Jan Garbarek puisse commencer ! »

Confus, à la fin du concert, je présente mes excuses à Jan Garbarek pour ce contretemps qui, heureusement pour moi, le prend avec humour.

1 000

Concerts en plein air

750

Concerts au parc de l'église

40

Concerts au Paris Jazz Festival

Contact

MARCIAC II

Part V

MARCIAC II · live · 2024